Crypto/Finance Investigation
La Crypto/Finance Investigation regroupe l’ensemble des investigations techniques et légales visant à tracer, analyser et interpréter les flux financiers basés sur les crypto-monnaies (Bitcoin, Ethereum, Monero, etc.) ainsi que les vecteurs de fraude impliquant des actifs numériques. Depuis l’essor fulgurant des crypto-actifs, de nombreuses transactions illicites (ransomwares, blanchiment d’argent, escroqueries à la cryptomonnaie, financement du terrorisme) se sont organisées sur des plateformes décentralisées ou semi-anonymes. La nature pseudonyme des portefeuilles, l’usage de mixers, les DeFi pools et les DEX (échanges décentralisés) compliquent grandement la traçabilité. Pourtant, la finance traditionnelle n’est pas exempte de cyberfraudes : piratage de comptes bancaires, usurpation d’identité, fraude aux cartes de paiement, détournement de fonds par phishing… Il est donc crucial pour toute organisation de disposer d’une équipe d’investigation capable de naviguer entre blockchain, systèmes bancaires classiques et réglementations en constante évolution.
1. Enjeux de la Crypto/Finance Investigation
Anonymat partiel des transactions : Les blockchains publiques (Bitcoin, Ethereum) sont visibles de tous, mais les adresses ne sont pas directement reliées aux identités réelles. Les criminels utilisent des mixers (Tumblers), des services d’échange offshore ou des forks pour obscurcir la trace.
Multiplication des plates-formes d’échange : Les volumes de transactions sur Binance, Coinbase, Kraken, Huobi, OKEx ou des exchanges locaux africains (Yellow Card, Paxful) rendent complexe la recherche. Chaque plateforme a ses propres exigences KYC/AML (Know Your Customer / Anti Money Laundering) et différents niveaux de coopération avec les autorités.
Flux décentralisés (DeFi) : Les pools de liquidité (Uniswap, PancakeSwap), les protocoles de prêt (Aave, Compound) et les NFT marketplaces (OpenSea, Rarible) sont autant de portes d’entrée à des opérations illicites (blanchiment de fonds, escroqueries via FAKE NFT).
Liens entre cybercriminalité et finance traditionnelle : Les fonds extraits d’un ransomware doivent souvent être convertis en monnaie fiduciaire (fiat) via des services d’échange ou des plateformes P2P (LocalBitcoins), impliquant parfois des comptes bancaires compromis.
Aspects réglementaires : Les autorités (FINMA, FINTRAC, AMF, BEAC) exigent des rapports AML/KYC précis. Une enquête crypto/finance doit donc combiner expertise technique et connaissance des cadres légaux en vigueur, sous peine de ne pas être recevable devant un tribunal.
2. Méthodologie IBSCyberSec pour Crypto/Finance Investigation
Phase de recueil d’informations
Identification des adresses de portefeuilles suspects (wallets) dès qu’un incident est signalé (exemple : paiement de rançon).
Recherche des transactions sur les explorateurs publics (Blockchain.com, Etherscan, BscScan) pour repérer les transferts, les mixers utilisés, les dates et montants.
Liaison avec les services d’échange pour obtenir les logs KYC/AML (le cas échéant, via mandats légaux) et l’historique des retraits/dépôts.
Analyse des transactions blockchain
Visualisation graphique des flux financiers à l’aide d’outils spécialisées (Chainalysis, Elliptic, CipherTrace) pour identifier des clusters d’adresses.
Détection de patterns de blanchiment (splitting, structuring, layering).
Repérage des points de conversion en monnaie fiduciaire (on-ramps / off-ramps) via des comptes bancaires compromis ou des exchanges peu réglementés.
Enquêtes bancaires et traditionnelles
Collaboration avec banques locales et internationales pour retracer les transactions suspectes (SWIFT, SEPA, MT103).
Analyse des relevés bancaires, détection d’opérations inhabituelles (transactions de montants ronds, dépôts en espèces non justifiés).
Entretiens avec témoins internes (comptables, responsables financiers) pour recouper les preuves technologiques et humaines.
Récupération de preuves et collaboration judiciaire
Obtention de mandats légaux pour saisir serveurs, devices ou comptes bancaires.
Constitution d’un dossier probant : captures d’écran d’explorateurs, logs d’échange, relevés bancaires, attestations KYC, empreintes numériquesdes portefeuilles.
Rédaction d’un rapport détaillé décrivant la chronologie des flux, l’identité des acteurs (lorsque possible), le montant total des fonds détournés, et les méthodes de blanchiment utilisées.
Assistance aux avocats pour préparer les plaintes, noter les infractions (using LFI, IFRS, dispositions locales), et participer aux auditions chez les autorités judiciaires.
Recommandations et mesures préventives
Mise en place de solutions de monitoring en temps réel sur les portefeuilles officiels (whitelisting d’adresses, alertes par seuils).
Sensibilisation du personnel financier aux phishing ciblé sur crypto (cloud phishing pages, faux ICO).
Adoption de bonnes pratiques KYC/AML : rotation des clés privées, vérification biométrique sur plateformes, approbation manuelle des gros montants.
Intégration de contrôles transactionnels (Sanctions screening, liste noire/“blacklist”) pour empêcher l’interaction avec des adresses ou exchanges marqués « à risque ».
3. Cas concrets illustratifs
Rançongiciel et paiement en Bitcoin : Une PME camerounaise paie 5 BTC après un chiffrement massif de son SI. Nos enquêteurs remontent la transaction sur la blockchain, identifient l’usage d’un mixer, puis recoupent les informations avec un exchange asiatique pour localiser le détenteur final. Grâce à ces données, la police douanière intervient pour saisir des comptes physiques.
Escroquerie ICO frauduleuse : Des investisseurs africains se plaignent d’un projet ICO fictif. IBSCyberSec analyse le smart contract, détecte une clause de retrait automatique dissimulée, identifie les adresses de portefeuilles affiliées aux organisateurs et coopère avec Interpol.
Blanchiment via NFT : Un gang utilise une marketplace NFT pour convertir des stablecoins en crypto-œuvres d’art surévaluées. Nous produisons un rapport prouvant qu’il s’agit d’un schéma de blanchiment et collaborons avec la plateforme pour bloquer les comptes.
4. Valeur ajoutée IBSCyberSec
Expertise hybride : combinaison d’ingénieurs blockchain et d’analystes financiers aguerris pour couvrir toute la chaîne de valeur.
Réseau d’échanges : partenariats officiels avec plusieurs exchanges (KYC sécurisé) et connexions directes avec des bureaux de change locaux en Afrique centrale.
Outils avancés : utilisation de plateformes professionnelles (Chainalysis KYT, Elliptic Discovery) couplées à du développement interne pour des besoins spécifiques.
Accompagnement légal : juristes spécialisés en droit des nouvelles technologies pour faciliter la délivrance de mandats et la récupération de preuves.
Formation et sensibilisation : ateliers réguliers pour les équipes fiscales et financières afin d’anticiper les nouvelles formes de fraudes (DeFi, NFT, metaverse).
En conclusion, la Crypto/Finance Investigation d’IBSCyberSec offre une approche complète : du repérage des transferts illicites à la restitution d’un dossier juridiquement robuste, en passant par la prévention pour sécuriser vos actifs numériques.


